Jouer pour gagner ou jouer pour le plaisir : qu’est-ce qui compte vraiment ?

Jouer pour gagner ou jouer pour le plaisir : qu’est-ce qui compte vraiment ?

Samedi dernier, 22h30, chez un pote. On était six autour de la table, un jeu de société sorti d’on ne sait où (une boîte un peu poussiéreuse trouvée dans un placard), et je peux vous dire qu’aucun de nous ne se souvient qui a gagné la partie. Par contre, on se souvient tous des vannes, du moment où Julien a bluffé comme un sagouin, et de la relance de manche à 1h du mat’. C’est exactement ça, pour moi, le plaisir du jeu — bien loin de jouer en ligne pendant ses pauses, même si ça a aussi ses avantages.

Et je trouve que c’est un truc qu’on oublie facilement. On parle tellement de compétition, de classements, de scores, qu’on en vient à croire que jouer = gagner. Sauf que non. Franchement, non.

Le plaisir avant la performance, ça change tout

Je suis tombé récemment sur un article qui parlait d’une formation autour des « Jeux originaux » avec pour slogan « donner le plaisir de bouger ». Et je trouve que c’est hyper bien tourné comme formule. Parce que dès qu’on rajoute « plaisir » devant une activité, on lui enlève la pression. Le sport, c’est pareil : entre celui qui court pour battre son chrono et celui qui court parce que ça lui vide la tête, on parle de deux mondes différents.

Le jeu, c’est un peu le dernier espace où on a le droit de faire des choses « pour rien ». Sans objectif rentable. Sans progression LinkedIn. Juste pour le kif. Et perso, c’est ce qui me plaît le plus dedans. D’ailleurs, si vous voulez une plateforme qui joue justement la carte du fun avant tout, ça vaut le coup de rejoindre Lucky31 pour se faire une idée de l’ambiance.

Perdre, c’est aussi jouer

Je viens de tester le nouveau jeu vidéo Tour de France 2026 (oui, je suis ce genre de personne, assumé). Et le truc marrant, c’est que même en finissant en queue de peloton, à traîner à 15 minutes du maillot jaune, j’ai passé un moment génial. La sensation de rouler dans les cols, la stratégie d’équipe, les paysages. C’est là qu’on comprend qu’un bon jeu, c’est un jeu qui reste plaisant même quand tu perds.

Ça vaut pour à peu près tout d’ailleurs.

Pourquoi certains jeux nous rendent accro (au bon sens)

Y’a une actu qui m’a fait sourire : du nouveau gameplay pour Assassin’s Creed Black Flag qui refait surface. Un jeu de 2013 qui continue de faire parler de lui en 2026. Douze ans plus tard. C’est fou quand tu y penses.

Pourquoi ce jeu-là a marqué autant de monde ? Parce qu’il ne se contentait pas d’être une suite de missions. Il proposait une expérience. Naviguer sur les mers, chanter des chants de marins avec ton équipage, découvrir une île paumée. Le gameplay servait le plaisir, pas l’inverse.

Ce qui fait qu’un jeu « prend »

Après avoir joué à un paquet de trucs, je pense qu’un jeu qui capte durablement, c’est un jeu qui coche au moins deux ou trois de ces cases :

  • Une progression qui se sent, mais pas frustrante
  • Des moments de surprise (un événement inattendu, une rencontre)
  • Une dimension sociale, même minime
  • Une esthétique ou une ambiance qui te transporte
  • La possibilité de « lâcher prise » sans culpabiliser

Le dernier point, je le trouve sous-estimé. On vit dans une époque où même les loisirs sont chronométrés, analysés, optimisés (les applis de sommeil qui te donnent une note, sérieusement ?). Un bon jeu, c’est celui qui te fait oublier ta montre.

Le retour en force des jeux de société (et je comprends pourquoi)

Il paraît que le marché des jeux de société explose depuis quelques années. Au point que la Chambre de commerce publie des guides pour ceux qui voudraient ouvrir leur propre boutique. C’est dire.

Et honnêtement, j’ai été témoin du phénomène chez mes proches. Ma sœur, qui n’avait pas touché un jeu depuis le lycée, s’est mise à organiser des « soirées jeux » mensuelles chez elle. Sept, huit personnes autour d’une table, des cartes, un peu de vin, et personne qui regarde son téléphone pendant quatre heures. Quatre heures ! En 2026, c’est presque un miracle.

Pourquoi ça marche autant

Je pense qu’après des années d’écrans à outrance, les gens redécouvrent le plaisir du contact direct. Le jeu de société, c’est le prétexte parfait : t’as une raison d’être là, tu as quelque chose à faire de tes mains, et surtout, ça produit des interactions naturelles. Tu peux te taire, réfléchir, relancer une discussion. C’est fluide.

Contrairement à un apéro où au bout de 45 minutes tu commences à checker l’heure discrètement.

Le cinéma et le jeu, même combat ?

Je disais l’autre jour à un ami qu’aller au ciné, c’est presque un acte de résistance aujourd’hui. Se poser deux heures dans le noir, sans notification, à regarder une histoire. Un film qui s’appelle « Pour le plaisir » sort d’ailleurs bientôt, avec des places à gagner un peu partout sur le net. Rien que le titre, ça résume tout.

Le point commun entre le ciné et le jeu ? Ce sont des espaces de plaisir gratuit, au sens noble. On y va pour rien produire. Juste pour ressentir un truc.

Comment retrouver ce plaisir quand on l’a perdu

Parce que oui, ça arrive. Des fois tu joues par habitude, sans vraiment kiffer. C’est le moment où il faut se poser deux minutes et se demander pourquoi on joue.

Voici ce qui marche pour moi quand je sens que ça s’essouffle :

  • Changer complètement de genre pendant quelques semaines (passer du jeu vidéo au jeu de plateau, ou l’inverse)
  • Jouer avec d’autres gens que d’habitude — un nouveau groupe change tout
  • Ressortir un vieux jeu qu’on aimait ado, juste pour le fun de la nostalgie
  • Se fixer une règle absurde (finir une partie sans jamais utiliser telle mécanique, par exemple)

Ce dernier truc, c’est peut-être le plus efficace. Ajouter une contrainte débile, c’est parfois ce qui ramène le rire dans un jeu qu’on connaît trop bien.

Un rappel qu’on oublie

Le mot « jeu », ça vient d’un vieux terme latin qui signifie « plaisanterie », « amusement ». Pas « performance », pas « stratégie », pas « compétition ». Amusement. On a un peu perdu ça en route, avec les tournois, les rankings, les tryhards.

Et je trouve que c’est peut-être ça, la vraie nouvelle mode : redécouvrir qu’on a le droit de jouer juste parce que c’est marrant. Sans plus. Sans moins.

Julien, si tu me lis, prépare-toi pour samedi prochain. J’ai retrouvé une revanche à prendre.